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Fils du désert
par Jean-André
 
Les Poèmes

Fils du désert
Entre elle et moi
Départ
Pars !
Tout en vrac
Quand tu es là
Abécédaire Littéraire Agricultural
Passe-temps
La p'tite Cricri
Lectures d'Enfance
A demi mot
Il est parti
Ire …
Vous qui m'avez portée
Un curieux mélange
La victoire des dieux
Je ne veux plus
Les hommes de la mer
Petit homme
Eclats !
Papé
Ma vie s'envole
Dans mon pays
La valse SEP
Le stress
Les cris
Ma famille virtuelle
A la santé des forumeurs !
La beauté
De l'Amitié à l'Amour
No Difficult
Certitude
Le défi
Détresse
Le forum
Je t'aimes
L'aventurier
Fauteuil, mon ami

Ô toi, fils du désert,
Tu installes ta maison de toile dans un jardin de sable,
Tes journées sont pleines de soleil et de vent,
La nuit te recouvre de milliards d’étoiles,
Rigel et Bételgeuse auréolent tes haltes nocturnes,
Tu sais que le désert n’est pas un zéro profond et vide,
mais peuplé de mille vies secrètes, dans la touffeur des jours, comme dans les nuits glacées.

Ô toi, Fils du désert
Que dis-tu de nos villes dont les maisons de pierre
Paraissent comme des îles flottantes sur un océan de bitume noir ?
Sais-tu qu’il y a, ici aussi, des ailleurs fantastiques,
Des lieux inconnus, fabuleux, cachés entre montagnes et vallées,
Avec des bâtisses sans âge, tapies dans le velours des vallons,
Comme pour mieux observer les mouvements sensuels de la terre,
Et la fuite éperdue des sentiers en collines ?

Mais je ne crois pas que tu puisses délaisser tes couchers de soleil sur les dunes
Pour venir t’engluer dans nos villes crasseuses et puantes ;
Comment et pourquoi quitterais-tu ce sable ?
Même s’il semble partout pareil, il est si souvent changeant, toujours renouvelé ;
Je le connais ton sable, et j’aime sa douceur lorsqu’il s’écoule et glisse hors des sandales !
Les sonorités étranges des chameaux qui baraquent te manqueraient trop !
Ainsi que les djenouns malicieux qui rôdent la nuit dans l’immensité silencieuse
Et se cachent le jour entre les dunes
Pour surprendre et punir le chamelier insoucieux et rêveur
En le laissant absorber par les sables mouvants ! Inch Allah ! Allah el Akbar !


Ô Toi, Fils du désert, si tu viens dans mon pays
Aimerais-tu les ciels d’ici, meublés de nuages écartelés par le vent ?
Nos ciels étroits et clos, de novembre, humides, fermés à double tour, comme verrouillés, inattaquables,
Qu’une armée de soleils ne parviennent qu‘avec peine à éventrer !
Et là, bien enfermée au chaud dans une de ces maisons de pierre,
Comme tu ne peux les imaginer, toi dont la forteresse est une tente murée par le vent,
Je vois une femme superbe et nue à sa toilette... Elle coiffe ses longs cheveux
Dont les extrémités caressent les bourgeons de ses seins, durcis par le froid,
Ce froid mordant des vitres givrées contre lesquelles elle s‘est un moment appuyée...
Et elle chasse d’une longue caresse verticale le glacial frisson qui parcourt son corps.

Mais, tu as bien dû en connaître, toi aussi, de ces filles du désert,
Marquées, par le henné, d’entrelacs délicats aux mains et aux pieds,
De ces filles fières qui se cachent pour se baigner nues dans le sable,
Au creux des dunes, dans les coulées formées par le vent,
Allongées, lascives, s’aspergeant lentement le corps de cascatelles minérales ?
Dis-moi, est-ce bien vrai ce que l’on dit... que les dunes seraient les répliques géantes
Des ventres souples, des hanches rondes et des seins fermes des filles du désert ?

Leila saïda ! Mon Ami, mon Frère !


A Smaïl Ameur, mon Ami,
Qu’Allah t’accompagne toujours dans tes méharées


Jean-André Ferranti - 9 décembre 1999
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Illustration : JM Boudou
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